EUROPE ACCORDING TO THE GREENS
Intervention au débat des leading candidates
Bruxelles – La Tricoterie – 23 janvier 2014
Bonsoir, goedenavond, good evening !
Je ne commencerai pas l’introduction de cette
soirée-débat en revenant sur les crises sociales, économiques, financières et
environnementales qui traversent nos sociétés. Je ne reviendrai pas non plus
sur les événements qui ont jalonné la législature écoulée, sur les drames
humains, le taux de chômage qui a atteint un niveau record en mars dernier, les
scandales alimentaires et j’en passe.
Non ce
soir, ce que j’ai envie de partager avec vous ce sont les projets, la vision, la
confiance, l’espoir que les écologistes mettent dans l’Europe refondée.
La famille verte européenne, est unie dans ses
combats comme aucune autre famille politique, et cela s’incarne à merveille au
travers de ce processus des primaires qui nous rassemble ici aujourd’hui.
Alors quelle est cette Europe dans laquelle
nous croyons ?
Cette Europe est traversée par une transformation
profonde de nos sociétés, transformation que nous appelons la transition écologique. Elle s’incarne
au travers du Green Deal qui est une rupture avec le « toujours
plus » (plus de moyens, d’argent, d’exploitation, d’inégalités, la course
effrénée au profit) et une invitation à rechercher le « toujours
mieux » et autrement, propre aux verts. Elle interroge aussi le sens de
notre action et de l’activité humaine.
La transition
est à la fois écologique
Elle vise à mettre fin à l’exploitation
effrénée de la nature dont les conséquences sociales, économiques, financières
et environnementales ne sont plus à démontrer.
Ce qui met le doigt sur les limites de la
planète, la finitude des ressources, sa capacité à absorber toute l’activité
humaine. Ces constats nous poussent à anticiper, à innover et à développer toutes
les alternatives durables possibles.
Accroitre notre indépendance énergétique est un
des grands défis à l’échelle de l’Europe. A ce titre l’Europe doit se donner
les moyens de ses objectifs, qu’elle a fixé à une réduction des GAS de 80
à 95% en 2050. L’objectif de 40% de réduction des GAS en 2030 communiqué par la
Commission européenne pas plus tard qu’hier est donc irréaliste au regard des
défis auxquels l’Europe doit faire face. L’UE doit être leader dans la lutte
contre le réchauffement climatique.
Dans nos régions, là où nous assumons des
responsabilités, la transition est en marche : les actions entreprises ont
permis de réduire les émissions de GAS de 16% par habitant en RBC et de 18% en
Wallonie depuis 2004 ; des milliers d’euros ont été investis dans l’efficacité
énergétique, dans les alliances emploi-environnement dans les secteurs de la
construction, de la recherche, de l’alimentation durable, avec des milliers d’emplois
« verts » à la clé.
La transition énergétique passe aussi par des modes
de transports durables, par une agriculture qui remet la qualité des aliments,
le consommateur et l’agriculteur au centre du jeu. Nous ne voulons pas d’une
agriculture qui voit progressivement disparaitre les agriculteurs, les
exploitations familiales, au profit d’exploitations de masse dont la qualité
n’est pas la première des préoccupations.
La préservation de notre environnement, de la
biodiversité, de notre santé, sont en jeu. L’air que nous respirons, l’eau que
nous buvons, les aliments que nous mangeons : nous les voulons tous sains.
La transition
est également sociale
Notre vision pour l’Europe est celle de la justice
sociale. 25% des européens sont confrontés au risque de pauvreté et d’exclusion
sociale. Les plus fragiles paient le plus lourd tribu de la crise.
Il s’agit de prévenir la pauvreté et l'exclusion sociale au travers d’une égalité de rémunérations, notamment
entre femmes et hommes, d’un salaire minimum européen, d’une harmonisation vers
le haut des normes sociales au travers de l’UE pour assurer la sécurité des
travailleurs, mettre fin à la concurrence entre eux, au dumping social, une
Europe qui garantit un avenir à sa jeunesse et assure la prospérité de demain.
L’Europe des écologistes est aussi une Europe
démocratique refondée, aussi au niveau de ses institutions.
Un Europe qui n’accepte pas de menaces comme le
repli sur soi notamment par l’érection de frontières hermétiques, des traités
anti-démocratiques tels que ACTA, une privatisation des services publics ou des
reculs des droits, et encore très récemment illustré par les menaces qui pèsent
sur le droit à l’IVG.
La
transition est enfin économique
Au niveau régional, des milliers d’euros ont
été investis dans les alliances emploi-environnement qui encouragent l’activité
et l’emploi local. Leur logique contredit la ritournelle « le politique ne
peut plus rien faire face aux marchés, juste accompagner les évolutions ».
La transition se fera aussi par les entreprises,
via une gestion plus efficace des ressources qui peut considérablement
améliorer leur compétitivité ; par une régulation économique et financière
renforcée au service de l’économie réelle et de la transition.
Les leviers sont concrets : des communes à
l’Europe pour une transformation globale de notre économie qui permette à nos
sociétés d’assurer la prospérité et le bien-être de toutes et tous, dans les
limites physiques de notre planète.
Face aux défis qui se dressent devant nous, une
option serait le statu quo, une autre serait le retour à des conservatismes,
voire au populisme, au repli sur soi.
L’option des écologistes est au contraire de
prendre l’Europe comme une opportunité, d’allier les forces de ses Etats
membres, alliance indispensable pour relever les défis précités. Cela implique
solidarité et responsabilité entre les Etats membres, de sorte qu’ensemble ils
retrouvent leur souveraineté - la capacité de façonner leur avenir - en la
partageant.
Il s’agit de (re)bâtir le projet européen fondé sur la justice
sociale, la justice environnementale et l’intérêt commun des Européens. Par
delà ses frontières, l’Europe doit être le fer de lance d’une gouvernance
mondiale et de la coopération internationale, en assumant ses responsabilités
dans la dégradation des conditions économiques, sociales et écologiques des
pays du Sud.
Il ne s’agit donc pas de faire un peu plus de
la même chose aujourd’hui en Europe.
Il s’agit d’unir nos forces pour la transition
de l’Europe, qui rompt avec les conservatismes et invite à la démocratie et à
la solidarité.
Ne remettons pas à demain ce que nous pouvons
faire aujourd’hui.
Vous décidez dès maintenant de vos
représentants écologistes qui incarneront cette vision pour l’Europe.
Et vous déciderez de votre Europe aux élections
du 25 mai 2014 !
You
decide Europe !
Pour voter aux primaires écologistes, il vous
reste quelques jours : https://www.greenprimary.eu/
Hajib Elhajjaji (2ème suppléant) - Caroline Saal (1ère suppléante) - Philippe Lamberts (1er effectif) - Saskia Bricmont (2e effective)
