Conférence : "TTIP : le traité de tous les dangers?" le 30 mars à Ath
- Anne-Catherine Calonne, détachée pédagogique chez Quinoa asbl et membre de l'Alliance D19-20
Destiné à débattre des thèmes d'actualité, ce blog reflète les sujets qui me tiennent à coeur. Ensemble, réagissons à ce que nous voulons changer, environnement, qualité de vie ou, tout simplement, une envie d'autre chose... Facebook : Saskia Bricmont
Publié par SASKIA BRICMONT

Publié par SASKIA BRICMONT
En bref : "Soit la majorité n’a aucun projet, aucune vision en
matière d’enseignement communal et d’accueil de la petite enfance et
elle en fait une variable d’ajustement budgétaire, ce qui est pour le
moins regrettable vu que derrière se sont les parents, les enfants et le
personnel qui sont touchés.
Soit, elle a une vision
très claire de ce qu’elle veut faire,mais elle avance masquée, au coup
par coup, pour éviter les vagues, quitte à laisser quelques travailleurs
et parents mécontents sur le carreau. Et dans ce cas, elle trompe le
citoyen athois dont les choix de vie sont mis en cause.
Le
minimum serait donc que la majorité informe sur ses intentions pour les
4 années à venir afin que chacun sache à quoi s’en tenir."
Une
précision préalable. J’ai décidé de vous livrer une version longue du
dossier. Parce que la manière dont il est traité me semble mériter une
attention particulière. Parce que l’attitude de l’autorité communale est
de brider toute contestation, qu’elle émane de l’opposition (ça, c’est
de bonne guerre) mais aussi du personnel,voire de la population. Les
principes de gouvernance démocratique ne sont pas respectés, la
transparence n’est pas de mise, la concertation n’existe pas.
Chacun
ira de sa propre opinion quant à l’opportunité de défendre des services
publics. Je demande qu’au minimum, les intentions et projets politiques
de la majorité athoise soient clairement annoncés aux citoyens.
Les « Maisons des Petits », accueil de 18 mois à 2ans et demi
Au 1er
septembre 2013, la fermeture de 6 maisons de petits - et le maintien
des 9 autres - était annoncée, de même qu’une augmentation des tarifs
pour pouvoir faire face aux charges salariales. Nous avions vivement
contesté cette augmentation des prix qui rendait la fréquentation
inabordable pour beaucoup de parents, particulièrement pour les familles
monoparentales. Les tarifs ont ensuite été rétablis à leur niveau
initial, plus abordable pour les parents.
A la rentrée
2014, j’apprends un peu par hasard que la Maison des petits d’Houtaing a
fermé et, plus tard, que celle de Villers devrait suivre (ainsi que
l’école). Certaines personnes désireuses d’y inscrire leur enfant se
seraient vues remballées par l’autorité communale et dirigées vers
d’autres implantations. Mi-septembre, d’autres n’étaient apparemment pas
encore au courant qu’il ne serait pas possible d’y inscrire leur
enfant… Comment auraient-ils pu l’être ? En effet, l’information quant à
la fermeture de la maison des petits d’Houtaing et sa reprise par une
asbl a été démentie par l’Echevin en charge de la petite enfance « je ne suis pas au courant d’une telle décision »
déclarait-il dans l’Avenir du lundi 15septembre. Cette décision n’avait
en tout cas pas fait l’objet d’une approbation par le Conseil communal
(il n’y en a pas eu en septembre). Pourtant, force fut de constater, sur
le terrain, que l’accueillante concernée avait déjà été transférée dans
une autre structure et que les parents, avant même la rentrée,n’ont
plus pu y inscrire d’enfant. Il apparait donc clairement que la décision
de fermer la maison des petits avait déjà été prise, bien avant la
rentrée. Mais par qui – Mr le Bourgmestre – et avec quelle information –aucune, pas même celle de l’Echevin.
En un an de temps, ce sont 50% de maisons des petits communales qui ont été purement et simplement supprimées.
Quant à la situation des écoles communales
L’école
de Villers était déjà en sursis à la rentrée 2013, mais une levée de
boucliers, la mobilisation des parents et du personnel avait permis de
reculer l’échéance jusqu’à la rentrée2014. Entre-temps, le personnel n’a
pas chômé pour faire vivre la structure.Mi-septembre, les chiffres
n’étant pas atteints, les parents ont été prévenus qu’ils devaient dar
dar choisir une autre implantation pour leur bambin. C’est la règle, si
un certain chiffre de population n’est pas atteint au sein d’une école,
elle doit fermer. Et cela ferait partie de la norme si nous n’avions pas
la conviction profonde qu’ici aussi, la volonté de fermer existe depuis
longtemps dans le chef de Mr le Bourgmestre. Au moins depuis la rentrée
2013.
Je voudrais donc savoir si d’autres petites implantations
font partie du plan de ce dernier. Une politique transparente en la
matière serait en effet saine pour tout le monde : les parents qui
pourraient ainsi anticiper et poser leurs choix de vie en connaissance
de cause, le personnel qui serait également en mesure d’anticiper
davantage et pas continuellement « mis en concurrence » avec celui
d’autres structures.
Il y a un an, nous demandions une
proactivité pour redorer notre enseignement communal. Un peu de
publicité, une politique proactive de la part du PO, une collaboration
entre les implantations« qui ont leur chiffre » et les autres, tout ça
combiné aurait sans doute permis de trouver les deux élèves manquant
pour faire vivre l’école de Villers.
Mais malgré des équipes
dynamiques qui ont fait tout leur possible, l’absence de publicité pour
la structure, les jeux de chaises musicales au sein des membres du
personnel, l’absence d’information vers les parents (voir ci-dessous),
un PO qui dirige les nouveaux inscrits vers d’autres implantations
(témoignage de parents notamment), sont autant d’éléments qui montrent
que l’objectif politique derrière tout ça est clair. Et la fermeture de
la maison des petits, même si elle n’est pas le gage automatique de
futurs élèves pour l’école maternelle, n’y contribuera certainement pas
non plus.
Un impact sur la vie de nos cœurs de villages
Depuis
quelques années, chacun s’accorde pour pointer la nécessité de faire
revivre les cœurs de villages, d’y(ré-)implanter de l’activité comme une
épicerie, une boulangerie, un bistro ou une librairie, du mobilier
urbain comme des bancs, etc. La présence de petites classes et d’une
structure d’accueil des petits influence aussi la dynamique des
villages.
Ce sont des choix de vie qui sont bousculés quand des décisions comme celles-ci sont prises.
Pourquoi penser qu’il s’agit d’un objectif délibéré de la majorité ?
Je reprendrai quelques arguments avancés par Mr le Bourgmestre pour justifier des fermetures:
- Pas de places en moins.
La maison des petits d’Houtaing sera désormais occupée par une
accueillante conventionnée. Ne nous méprenons pas, mon propos ne vise
pas les accueillantes qui travaillent avec l’asbl concernée, dont on ne
connait que trop bien les difficultés et contraintes auxquelles elles
sont soumises et qui demandent des réponses par ailleurs. En tant que
membre d’un conseil communal, mon inquiétude concerne la réduction progressive mais certaine des services publics.
Les bâtiments communaux, aménagés, peints,fournis pour le plus grand
bonheur des tous petits sont mis à disposition à titre gratuit alors que
ce sont pour l’essentiel des raisons budgétaires qui poussent à ces
décisions de fermer les services communaux.
Donc si dans l’absolu la
structure ne ferme pas, ce sont bel et bien des places communales en
moins et au total, aucune place nouvelle ne voit le jour. Par ailleurs,
cette décision ne date donc pas de la rentrée, moment où l’on s’est
rendu compte qu’il n’y avait pas assez d’inscrits. En effet, le dossier
de reprise de la structure avait déjà été réglé par Mr le Bourgmestre
avant la rentrée.
- Pas assez d’inscrits, libre choix des parents.
Les listes d’attente au sein des crèches ne désemplissent pas,
certaines structures sont débordantes. Le libre choix des parents est
indiscutable, mais certains parents désireux d’inscrire leur enfant dans
lesdites structures se seraient faits orienter vers d’autres
implantations au moment de l’inscription.Ce qui est donc certain, c’est
que si on n’assure pas la promotion d’une structure et que l’objectif –
caché – est de la fermer, cela ne contribue pas à attirer de nouveaux
parents. Plus que l’absence d’enfants sur Houtaing, c’est l’absence de
volontarisme de l’autorité communale qui a décidé du sort des maisons
d’enfants.
- La dénatalité : les chiffres sont en berne, il faut faire des bébés ([rires gras dans l'assemblée]...
et oui). Trêve de plaisanterie. En chiffres absolus, s’il y a un
tassement… il n’empêche pas les listes d’attente,notamment au niveau des
crèches! Combien de parents n’attendent-ils pas,inquiets, le coup de
fil qui leur annoncera qu’ils ont une place ?!
- Ça coûte trop cher.
Certes, ce secteur coûte cher, l’accueil de la petite enfance et
l’enseignement ne sont pas des secteurs rentables, on le sait. Ath, à
une certaine époque, a fait le choix de développer ces services,les
supprimer aujourd’hui relève également d’un choix et de priorités
politiques. C’est un choix que je ne partage pas et qui aurait, à tout
le moins,du être annoncé de manière transparente aux athois. Les
parents, le personnel sont mis devant le fait accompli de nouvelles
fermetures à chaque rentrée, alors même que vraisemblablement, les
projets sont clairement établis depuis un moment.
- Pas de pub ou une mauvaise pub
Je
reçois dans ma boîte au centre ville une brochure « Les écoles
communales d’Ath ville : 5 implantations où il fait bon grandir ! ».
Enfin de la publicité pour notre enseignement communal, je l’accueille
avec un sentiment positif. Mais quel dommage pourtant de ne pas y
retrouver les implantations communales des villages.Plus d’un athois du centre ville y envoie en effet ses enfants !


Publié par SASKIA BRICMONT
Publié par SASKIA BRICMONT